Turbinectomie et sinusite

11580 turbinectomies en France en 2010 selon la Caisse d’assurance maladie.

En juin 2011, une association de victimes s’est montée pour faire connaître le problème : Syndrome du nez vide. Selon l’association syndrome du nez vide, 23 procédures seraient actuellement en cours contre les chirurgiens qui ont procédé à ces opérations. Et quatre procès ont déjà été gagnés.

De quoi se plaignent les victimes après avoir subit une turbinectomie?

  • Avant l’opération, d’un nez bouché inconfortable, et souvent de sinusites.

  • Après : au minimum, d’une sensation de “nez vide” qui vire à l’obsession ; de “croûtes” et sécheresses nasales ; d’une immense fatigue ; de douleurs faciales et de céphalées, liés à une hyperventilation puisque l’air n’est plus ni canalisés ni filtré par les cornets et les petits “cils” qui les recouvrent.
    Pour les plus atteints, ces symptômes sont associés à une perte totale du goût et de l’odorat, à des troubles du sommeil et à des dépressions avec gestes suicidaires –deux membres de l’association se sont suicidés, un autre a fait plusieurs tentatives. Le tout étant calmé par des doses massives d’antidouleur et d’antidépresseurs. Quasiment prescrits à vie, puisqu’il n’existe pas de chirurgie réparatrice efficace à ce jour. Tous les malades décrivent la même sensation : celle d’une mutilation, de l’amputation arbitraire d’un organe qui pourtant fonctionnait.

Selon Jean-Michel Klein, président du Syndicat français des ORL :
« Le syndrome du nez vide est une complication de l’opération. Mais dans nos statistiques, 95 à 98% des gens opérés ont des résultats satisfaisants. La mobilisation des malades donne l’impression que le mal est pire que le remède.”

Les cornets maintiennent le plus gros de la respiration fonctionnelle ainsi que le tissu muqueux du nez.
Ils disposent d’un réseau d’approvisionnement sanguin et nerveux très riche qui leur donne des capacités d’érection considérable, de turgescence et de décongestion, en réponse aux conditions climatiques et aux besoins sans cesse fluctuants du corps et ça n’a rien d’anormal si à un moment donné de la journée, les cornets gonflent
En effet le nez est le siège de phénomènes thermodynamiques complexes (avec interaction sur les paramètres physiques suivants : débit -température-vitesse).
Pour une personne saine, il y a un écoulement relativement laminaire du flux d’air avec un débit et une pression correcte.

Pour une personne ayant le syndrome du nez vide, le flux d’air est perturbé, c’est le principe du tuyau d’arrosage, si on pince le tuyau, la pression augmente et le débit chute et inversement si on relâche ce pincement la pression chute et le débit augmente.

Quel est le rôle des cornets ?

Par exemple, si une personne doit soudainement se mettre à courir pour éviter un danger, les cornets vont automatiquement se rétrécir, permettant ainsi une plus grande absorption d’air à chaque inspiration. D’un autre côté, si une personne essaie de se reposer dans un environnement froid et sec, les cornets vont gonfler afin de fournir une surface muqueuse d’exposition à l’air plus importante, garantissant ainsi que tout l’air aspiré par le nez traverse ces tissus et soit suffisamment réchauffé (ajustement à la température corporelle), humidifié (jusqu’à 98%) et filtré.

Normalement le mucus est entraîné vers la gorge par la couche supérieure grâce à de petits cils qui forment un espèce de tapis roulant.
Si le mucus est suffisamment dilué et que le nez n’est pas trop sec, on ne sentira même pas que l’on est, de fait, en train d’avaler du mucus de manière permanente. Une personne en bonne santé avale en moyenne 0,65 litre de mucus par 24 heures.
Si les cils sont endommagés ou paralysés (SNV) le mucus devient épais et s’accumule dans les fosses nasales, voire dans les sinus. Dans les cas de sécheresse sévère, le mucus sèche dans le nez, stagne et ou, forme des croûtes, ou s’infecte, provoquant des sinusites.

Les cornets inférieurs sont les plus grands des cornets et sont les principaux tissus qui humidifient, réchauffent, filtrent et orientent le flux aérien

Qu’est ce qu’une turbinectomie, comment se déroule l’intervention, est-ce seulement pour la sinusite ?

La turbinectomie est une opération des fosses nasales et plus précisément des cornets.
Elle consiste à enlever de manière partielle (le plus souvent) des cornets inférieurs et ou moyens en cas d’obstruction nasale chronique, quand les cornets sont hypertrophiés.
La turbinectomie est souvent accompagnée d’une rhinoplastie pour corriger une cloison déviée : rhino septoplastie
Elle se fait sous anesthésie générale ou locale (cas de la radiofréquence, laser, cautérisation)
Elle a pour effet de supprimer l’excédent de muqueuse pour libérer de l’espace
La plupart du temps, les médecins enlèvent une partie infime pour ne pas perturber la respiration, il y a cependant des turbinectomies qui peuvent s’avérer être très risquées quand le geste chirurgical est trop radical
Certaines personnes souffrent de gêne respiratoire du fait d’un nez constamment bouché. Les meilleurs spécialistes préconisent de ne la proposer qu’après avoir tenté un traitement médical bien conduit, après que le patient ait été gêné continuellement pendant au moins 12 mois.
Enlever un cornet entièrement ou même partiellement pour un problème bénin est fortement déconseillé car peuvent se produire une atrophie nasale et une condition misérable pour la personne.

Chez les personnes pour qui ces interventions se sont mal passées, il peut y avoir aggravation de l’obstruction nasale et des complications pouvant être graves, donc le résultat sera contraire aux effets recherchés.

Certaines personnes décrivent le syndrome du nez vide avec les symptômes décrit ci-dessous :

Croûtes persistantes 
- Sécheresse intense à l’intérieur du nez, variant selon le climat ambiant

  • Divers types de douleurs profondes intra-nasales (brûlure, élancement, pincement)

  • Sensation très désagréable d’un passage trop rapide de l’air (trop d’air qui passe trop vite)

  • Perte de l’odorat (anosmie)

Apparition de sécrétions post-nasales extrêmement collantes impossibles à évacuer ni en reniflant ni en se mouchant

N’hésitez pas à consulter le site de l’association du syndrome du nez vide pour plus d’informations.


Functional reconstructive surgery, par E. H. Huizing,J. A. M. de Groot : « In our opinion, turbinectomy is a nasal crime ». Selon les auteurs de l’ouvrage : On ne doit pas retirer plus d’un tiers du cornet inférieur


30 août 2016 - 1:45

Turbinectomie traitement sinusite

Docteur sinusiteLa turbinectomie pour traiter une sinusite